Tempête d'émotion et Klaxon de bus

- Mais c'est quoi encore ce titre ?! Qu'est-ce qu'elle veut nous raconter avec un titre aussi bidon...
- J'avoue... mais I beg you, please ! (= je t'en supplie s'il te plais ! Je te le dis en anglais car je suis entrain d'écouter du RnB.) 
Donc I beg you, pleeeease, laisse une petite chance à cet article malgré son titre imparfait wink


Est-ce qu’il t’est déjà arrivée de te trouver prise dans la tempête émotionnelle de quelqu’un d’autre que toi ? Moi je dois te dire que c’était l’histoire de ma vie. Ça va beaucoup mieux aujourd’hui même si comme tu vas le voir dans cet article il m’arrive encore de me laisser happer très fort par les émotions de quelqu’un d’autre, d’être prise dans une tempête dans laquelle je suis secouée, mouillée, soufflée et assourdie sans vraiment comprendre ce qu’il m’arrive sur le moment.

C’est ce qu’il m’est arrivé ce matin. Je te raconte. Attention j’aborde la violence au volant... Sujet hautement sensible. Pourquoi sensible ? Car j’ai le sentiment qu’il représente parfaitement comment nous, chers êtres humains, merveilleusement beaux mais aussi merveilleusement cons, sommes capables de nous engrainer les uns les autres sans même nous regarder dans les yeux. Comment nous avons tendance à déverser notre tempête émotionnelle sur le premier venu. Et ce matin j’ai été la première venue pour quelqu’un. Alors que j’étais paisiblement entrain de commencer la journée avec ma fille chérie. Alors que nous discutions gaiement dans la voiture sur le chemin de l’école...


Je n’ai pas vu venir cette violence verbale, sonore et énergétique. Je n’étais pas prête si tant est qu’on puisse l’être en même temps. Du coup je me la suis prise en pleine face, en plein cœur et en pleine âme de petit être humain qui n’a pas encore digéré son petit déjeuner. 
J’ai été soufflée, un peu comme si quelqu’un avait tout à coup sorti un méga souffleur de feuilles et l’avait dirigé tout droit sur moi, à pleine puissance et en plein visage ! T’as l’image ? 

 

En résumé la situation a commencé comme ça : J’ai stationné sur un arrêt de bus... Houuuuuu ! J’avoue, c’est mal. Ne le fais pas chez toi, c’est comme jouer avec des couteaux ou avec le feu. A la télé ou raconté dans un blog ça pourrait être drôle mais dans la vraie vie c’est dangereuuuuuux.


A peine les warning activés un bus est arrivé derrière moi. Oui tu l’as vu venir toi cette suite de l’histoire... mais pas moi.
Il y avait sur la bande de bus laaaaargement la place pour nous deux et au moins trois autres bus derrière lui, malgré mon infraction (inacceptable). Je ne pensais pas trop gêner du coup je suis sortie de la voiture et me suis dirigée vers sa fenêtre, avec en tête de lui expliquer que j’en avais pour une demi seconde, la porte de l’école de ma fille étant à ... allez 5 mètres ! J’y vais donc le cœur léger et la caféine du matin qui commence tout juste à faire effet. J’y vais avec avec l’intention fraiche et joyeuse d’entrer en communication avec lui. L’histoire révèlera que cela a fait de moi une kamikaze, puisqu’avant même que ma portière ne s’ouvre il s’est mis à klaxonner. Pas deux ou trois coups de klaxon, nonnn, un klaxon en continu, indéfini, interminable. Il s’est mis à me parler très violemment, deux trois noms d’oiseaux et des remarques sexistes au passage, et cela sans écouter ce que j’avais à lui dire, sans même me regarder et bien sûr, en continuant de klaxonner. Avec le recul je me demande si les chauffeurs de bus ne deviennent pas sourds à un moment, c’est une arme de destruction auditive massive leur truc non ? 
Son visage était rouge bouffi de colère, s’il avait eu de la bave qui coule que ça ne l’aurait pas rendu plus effrayant ! Tout le monde nous regardait bien sûr, dans le bus, devant l’école, dans la rue, ce qui augmentait le niveau de difficulté dans le game, forcement. Bref il en fait un tel foin et la communication étant impossible, je rejoins ma fille qui observe la scène, angoissée, dans la voiture. Et comme une vraie place se libère à quelques mètres, je décide de mettre fin à cette situation en allant me garer ailleurs. 
C’était sans compter le fait que le mec avait décidé de déverser encore plus de colère sur moi. Ouais, moi non plus je ne pensais pas que c’était possible... Il a un réservoir de colère de la taille d’une citerne de 5000L ou quoi ? Bref il démarre son bus et tout en klaxonnant il avance de quelques mètres pour me coller au parechoc, pour m’empêcher de reculer pour sortir... Il ne veut pas que je sois là mais il ne veut pas que je parte non plus ! Une logique d’humain en colère ?
Son réservoir de colère est tellement plein qu’il tente de me garder sous le coude encore un peu pour le vider sur moi jusqu’à la dernière goutte ? Me voilà donc en train de faire what million de manœuvres, toujours sous le bruit du klaxon. 5000l c’est long à déverser hein, mais je suis une warrior et je me dépêtre comme une cheffe pour sortir enfin de l’illégalité...

 

Une fois garée j’ai tenu bon même si j’étais fébrile et je n’ai pas flanché, hum, sur le moment. Il s’agissait d’être présente pour ma fille, pour que le moins de violence possible ne l’atteigne. Il s’agissait de mettre en mot ce qu’il venait de se passer, ce que ça provoquait en nous deux, le fait qu’on ne pouvait qu’imaginer la détresse de cet homme pour réagir de la sorte, qu’il ne nous restait plus qu’à trouver des méthodes de respiration, de visualisation pour retrouver notre calme à nous. Je n’ai pas flanché, je l’ai emmené jusque dans son école. J’ai fait en sorte qu’elle commence la journée sereine ce qui, je pense, fut bien le cas... Puis j’ai regagné ma voiture et j’ai tout lâché... Si les exercices de respiration avaient marché pour elle manifestement ça n’avait pas suffi pour moi. De la colère, des tremblements, la tête qui cogne, le cœur qui bat fort... la totale. 
Et dans ma tête un discours qui enfle et qui ressemble à peu près à ça :

 

« Pourquoi sommes-nous dans un monde où les gens sont aussi violents les uns avec les autres ? 
Pourquoi est-ce si difficile pour moi d’accepter cette absence quotidienne d’amour, ce conflit incessant ?

Mais vraiment quel connard ce type !
Et qu’est-ce qui m’a pris de vouloir lui parler, je suis maso ou quoi m’enfin ? 

Qu’est-ce qui m’a pris de me garer sur un arrêt de bus aussi ? Peut-être que j’ai mérité ça en fait ?
En même temps j’ai lu des histoires horribles hier soir sur des pays en guerre. Ici nous sommes en paix et la plupart d’entre nous avons de quoi manger mais pourquoi faisons nous monter la pression à ce niveau (sonore mais pas que) pour un simple arrêt non autorisé ? Ok je n’aurais clairement pas du stationner ici mais... ENFIN ... 
Qu’est-ce que j’aurais pu dire ou faire pour blesser ce chauffeur avec des mots bien cinglants, pour qu’il se taise ? Lui fermer son clapet, oh oui ça aurait été jouissif ça !
A quel moment est-ce que j’aurais pu faire différemment, pour me protéger et pour protéger ma poupée ? 

Comment j’aurais pu faire pour le mettre face à la disproportion de sa réaction, pour lui faire comprendre que ce qu’il est en train d’exposer là en dit beaucoup sur lui mais ne dit rien de moi ? »

 

Bref je me surprends à entrer dans ce jeu de violence. Je suis prise dans la tornade de l’émotion d’un autre qui est devenue mienne. Elle m’a envahie et je suis comme impuissante. Je suis incapable de cesser mon discours intérieur qui tourne qui tourne qui tourne et m’épuise. Sans m’en rendre compte je cultive la colère en moi alors que je reprends le volant. Je respire un grand coup, je sèche mes larmes, m’attache les cheveux, me frictionne le visage. Je démarre et je roule, trois bons km, jusqu’à ce qu’un piéton, perdu dans ses pensées, traverse devant mes roues. 
J’ai juste le temps de freiner d’un coup sec pour ne pas le percuter. Son genou doit être à quelques centimètres de mon pare choc... J’ai eu très peur, lui aussi.

 

Et là ça va très vite dans ma tête. En une fraction de seconde et de façon presque inconsciente je me mets à étudier les différentes façons de réagir. 

 

- Je pourrais utiliser toute l’énergie de violence que je viens de recevoir et lui balancer au visage. Après tout il traverse hors passage clouté et à un endroit où les voitures roulent vite. Quelle belle occasion de me soulager de tout le poids que j’ai reçu sur ce nouvel élu, ce nouveau premier venu...

- ou je pourrais aussi ne montrer aucune émotion et rester impassible. Ce qui serait un leurre à moi-même puisque les émotions, elles, sont bien là à l’intérieur. Je peux faire comme si elles n’existaient pas. Tiens c’est pas mal ça ! C’est ce qu’on nous apprend dans notre société en plus...

- ou alors je peux entrer en communication avec ce piéton. Il a eu peur et il est figé. J’ai eu peur moi aussi et je tremble. Beaucoup d’émotion juste en quelques minutes sur ce trajet d’école. C’est peut-être pareil pour lui ? Qui sait ce que lui, a vécu ce matin ?

 

Et là se passe un moment suspendu ou lui et moi figés nous regardons...

 

 Puis il est le premier à me faire un geste de la main, comme une excuse. Je fais un signe qui lui montre que j’ai eu très peur. Il me répond par un geste de la tête et du regard que ben, lui aussi. Je sens dans nos regards un message du genre « l’un de nous a failli tuer quelqu’un et l’autre a failli mourir... » Je suis la première à lui sourire. Il me rend mon sourire et je lui fais signe de terminer sa traversée. Quelques mètres après je le vois dans mon retro continuer son chemin... On est passé si près de la catastrophe...

 

J’ai toujours en moi toute la violence que j’ai reçue quelques minutes auparavant. Mais je me sens déjà mieux, grâce à ce lien. Je sens qu’il se passe un truc bénéfique là-dedans. Et je comprends aussi que c’est grâce à moi et grâce à mon choix parmi les trois propositions plus haut... Je comprends comment évacuer la violence que j’ai reçu en la transformant en quelque chose de positif, en brisant la chaîne de celui qui se venge sur le premier venu et en en commençant une nouvelle. La chaine de celui qui crée du lien positif avec le premier venu. Héhé finalement l’exercice de quelques minutes de retour à soi fait avec ma fille, n’a pas été si inutile. Le fait de mettre des mots avec elle m’a en fait permis de faire ce bon choix. Je ne me lance pas des fleurs, je me félicite juste de connaitre ces méthodes et d’avoir pensé à les pratiquer. Mais surtout je comprends que le retour à soi n’est pas suffisant. Il doit être accompagné d’un rapport à l’autre. Connexion à soi oui mais aussi connexion aux autres. La relation est un besoin pour nous, nous avons besoin les uns des autres, nous sommes des êtres sociaux et ça ce n’est pas moi qui l’ai inventé.

 

 

Tout le reste du trajet j’ai souri à tous ceux que j’ai pu, j’ai laissé passer les automobilistes qui tentaient de rejoindre ma file, j’ai patienté quelques secondes de plus pour laisser la dame qui hésitait à traverser alors que le bonhomme venait de passer au rouge. A chaque connexion positive possible je sentais en moi quelque chose s’apaiser... Je me sentais quitter la surface tourmentée de la tornade pour toucher mon œil du cyclone et entrer dans un espace qui m’appartient, qui me permet de grandir, de prendre du recul puis d’agir non plus en fonction de l’humeur des autres mais en fonction de ce qui me fait réellement du bien.

 

C’est exactement ça que je propose dans le programme FUCK la Femme Parfaite et c’est en rédigeant cet article que je m’en rends compte.

En tant que femmes nous sommes sans arrêts heurtées par les klaxons de bus des gens qui aimeraient que nous soyons comme ceci ou comme cela. Le bruit des injonctions et des codes à suivre est assourdissant non ? Être une mère, femme, épouse, professionnelle etc selon les critères que la société nous demande de remplir et pas selon nos souhaits à nous. Mais merde quoi ! Nous vivons dans une société qui a résolument besoin de changer le rapport qu’elle entretient avec les femmes mais doit-on attendre que ce chemin, de reconnaissance de qui nous sommes et de qui nous souhaitons être, soit terminé pour nous sentir enfin pleinement actrice ? Je ne le crois pas ! Doit-on attendre que les klaxons s’arrêtent ? Ou pouvons-nous baisser nous-même, ce putain de volume ? Je sais que nous pouvons déjà commencer ce processus d’extraction de la tornade. Sortir de la tornade mais pour aller où me direz-vous ? Et bien pour rejoindre ce point magnétique en nous, cet espace de tranquillité que j’appelle l’œil du cyclone. C’est que permet justement la méthode FUCK. Comment sortir de la tornade, comment se connecter à ce qui compte pour soi et comment partager cela avec d’autres femmes qui rencontrent le même besoin. 
SORORITÉ LES MEUFS ! 
Non pas pour nous liguer contre les hommes, car je n’aime pas être en lutte. Et accessoirement ben j’aime bien les hommes ;) Mais pour mieux nous affirmer ensemble, pour mieux vivre notre quotidien et laisser cette énergie de puissance personnelle changer notre vie puis changer le monde d’elle-même.

 

Si tu veux en savoir plus sur cette méthode FUCK alors rejoins nous pour la MasterClass offerte FUCK La Femme Parfaite, qui aura lieu en ligne le 28 Novembre. Je t’expliquerai tout sur cette méthode pour que tu puisses l’appliquer et sortir toi aussi de la tornade, baisser le volume et vivre ta vie.

 

J’ai tellement hâte d’avancer avec toi ! Ensemble nous sommes plus fortes et ce quel que soit le bruit des klaxons !